Pseudo Slang incarne une forme de hip-hop souterrain où la voix mène la danse. Porté par Sick — MC à l’écriture dense et angulaire — le projet s’inscrit dans une tradition spoken, nourrie de jazz, de poésie rythmique et de beats volontairement rugueux. Ici, le verbe n’illustre pas la musique : il la traverse, la coupe, la relance.
Construit sur plus de trois décennies, Pseudo Slang s’est forgé loin des formats et des raccourcis, au fil d’une vie passée sur la route, entre scènes alternatives, studios improvisés et presses vinyles. Chaque album est pensé comme un corps entier, une dérive cohérente, faite de textures lourdes, de détours lyriques et de silences assumés. Le support n’est pas un détail : le vinyle reste un point d’ancrage, un espace physique pour une musique qui refuse la consommation rapide.
Le projet avance en collaboration constante, notamment avec Pawcut, mais aussi a Cat Called FRITZ, David Goliath, Rawhead, Japandrew ou DJ Form. Ces alliances prolongent une esthétique collective, indépendante, façonnée hors des circuits dominants, fidèle à une idée artisanale du hip-hop.
Pseudo Slang publie majoritairement sur Baby Steps Hip Hop, label né d’un rendez-vous hebdomadaire devenu lieu de convergence pour une scène entière. Toujours actif, toujours en mouvement, le projet continue d’exister comme un geste libre, frontal, profondément ancré dans la culture underground — une voix qui persiste, malgré l’érosion des lieux, des réseaux et des règles imposées.