Nomade : l’hommage en mouvement de Tchik Tchik Cyrilik et Mister Mowg à Rona Hartner

Publié le 5 mars 2026 | Partager
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Une collaboration née d’une rencontre, devenue hommage. Avec Nomade, les deux artistes prolongent la mémoire d’une musicienne qui n’a jamais cessé de faire dialoguer les cultures.


Certaines collaborations naissent d’une stratégie. D’autres d’une histoire. Nomade appartient clairement à la seconde catégorie.

L’histoire remonte à 2015. À l’époque, Tchik Tchik Cyrilik joue au sein du projet Vidimozz, une formation nourrie de sonorités tziganes et balkaniques. Avec son complice Bruno, ils composent un morceau inspiré de Gadjo Dilo, le film de Tony Gatlif qui révéla au cinéma Rona Hartner aux côtés de Romain Duris.

Presque par défi, ils envoient la chanson à l’actrice et chanteuse franco-roumaine. La réponse tombe dès le lendemain : Hartner accepte d’enregistrer avec eux.

La rencontre se fait à Versailles. Une journée de studio intense et spontanée où la chanteuse pose sa voix avec une énergie qui impressionne les deux musiciens. De cette session naît bien plus qu’une collaboration : un souvenir marquant et un lien artistique qui restera gravé dans le parcours des musiciens.

Entre les souvenirs de studio et les routes musicales parcourues depuis, une présence continue de circuler : celle de Rona Hartner.

Lorsque sa disparition est annoncée fin 2023, l’idée d’un hommage s’impose. Pas une pièce nostalgique ou sombre, mais une musique fidèle à ce qu’elle incarnait : l’élan, la fête et ce métissage des cultures qu’elle portait naturellement entre Bucarest et la France.

Pour cela, Tchik Tchik Cyrilik reprend certains accords issus de cette première période et amorce une nouvelle composition. Le morceau prend une autre dimension lorsqu’il croise la route de Mister Mowg, producteur à l’écriture nourrie de hip-hop instrumental et d’imaginaire cinématographique, qui apporte une texture et une architecture sonore qui élargissent immédiatement la pièce.

La rencontre entre les deux artistes se fait dans le cadre du collectif Kulture Botte, qui agit ici comme un point de convergence.

Nomade se construit alors par échanges successifs : pistes envoyées, arrangements retravaillés, idées ajoutées au fil des discussions. Une trompette vient apporter une couleur tzigane, tandis que scratches et textures électroniques installent une tension plus contemporaine. Le morceau progresse ainsi comme une route ouverte où les influences se croisent sans jamais se figer.

Dans cet équilibre entre rythmes nomades et production électro-hip-hop, l’esprit de Rona Hartner affleure en permanence. Artiste profondément européenne, naviguant entre théâtre, cinéma et musique balkanique, elle incarnait ce métissage vivant des cultures.

Nomade en reprend le mouvement : une musique qui traverse les frontières sans chercher à les lisser, et qui prolonge, par le son, la liberté d’une artiste qui aura toujours vécu entre les mondes.

Deux versions accompagnent la sortie : une version instrumentale et une version pensée comme une bande originale, prolongeant encore ce dialogue entre musique et imaginaire cinématographique.

Un hommage qui refuse la nostalgie : Nomade préfère la route.